Susan Wilson (DRH chez Mollie): “Parlez ouvertement de votre santé mentale. Ce n’est pas un signe de faiblesse, c’est un signe de force.”

3 Sep ‘22
9 min
Par la rédaction d'OpenUp

Prendre soin de son bien-être mental n’est pas une chose que l’on peut commander en ligne, déballer, et utiliser en se référant à un simple mode d’emploi. Cela peut être vraiment éprouvant, surtout lorsque vous traversez une période difficile. Et ce n’est pas grave. C’est la vie. Il y aura toujours des hauts et des bas. Susan Wilson, directrice des ressources humaines chez Mollie, en est bien consciente. En janvier dernier, on a diagnostiqué un cancer à son père, et il est récemment décédé. Ces derniers mois ont été très durs pour elle, c’est le moins qu’on puisse dire.

 

Nous avons échangé avec Susan sur la période délicate qu’elle traverse, sur l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée et sur la priorité qu’il faut donner à notre bien-être mental.

Elle partage ouvertement les choses qu’elle a apprises ces derniers mois.

 

 

Bonjour, Susan. Qu’est ce que le bien-être mental veut dire pour vous?

 

Pour moi, le bien-être mental est lié à ma capacité à gérer les défis que je dois relever au quotidien et à maîtriser l’impact que ces événements ont sur moi. Donc, quand tout va bien, que les choses sont stables et que je me sens à l’aise, la vie est plutôt facile. Je suis alors capable de faire face à des situations imprévues. Mais quand j’ai beaucoup de choses à gérer et que je me sens plus déséquilibrée, même les situations les plus simples peuvent me sembler compliquées.”

 

 

Comment les quelques derniers mois ont-ils impacté votre bien-être mental? 

 

“Les derniers mois ont été difficiles. Cela a été très stressant de trouver un certain équilibre dans ma vie privée tout en continuant à me montrer à la hauteur au travail. Mollie est une entreprise qui se développe à un rythme effréné et ma fonction, qui comprend une composante sociale importante, est exigeante. Mon travail prend beaucoup de place dans ma vie. Mais lorsque quelque chose, comme la perte d’un être cher, se produit, vous réalisez que vous devez vous donner la possibilité de placer votre bien-être mental au premier plan. Même si votre métier est amusant et qu’il vous offre le sentiment d’avoir une certaine utilité, il doit toujours y avoir un juste équilibre.”

 

“Je suis investie dans le travail que je fais, mais à un moment donné, j’ai déconnecté. Je n’arrivais pas à garder le cap mentalement dans les réunions et je me sentais très fatiguée. Je manquais de concentration et j’étais plus vite frustrée. Tout ça parce qu’il se passait dans ma vie personnelle des choses importantes que j’essayais de surmonter. Cette situation, associée à un poste à temps plein dans une entreprise en pleine croissance, était un peu trop difficile à gérer.”

 

Alors, comment avez-vous fait face à ces défis?

 

“Au début, j’ai essayé de tout combiner. À la fois mon emploi et ma famille. J’ai vite compris qu’il fallait que je fasse passer mon bien-être mental en premier. Cela signifiait prendre le temps de sortir de la maison, de faire des choses que j’aime et qui me procurent une certaine tranquillité d’esprit. J’ai découvert que le fait de me balader dans la nature et de sentir l’air frais dans mes poumons était vraiment bénéfique pour moi.”

 

Comment avez-vous fixé des limites pour pouvoir tout gérer?

 

“C’était un défi. Au départ, c’était compliqué de parler ouvertement de ma vie privée au travail. Je n’ai rien dit à personne de ce qu’il se passait. Je dirigeais une équipe et je voulais être un modèle. J’avais une vision de ce que signifiait “être forte”. Je voulais m’y tenir et être là pour mon équipe. Je pensais devoir être capable de gérer mon travail et ma vie privée.

 

“C’était difficile d’être ouverte et honnête, mais une fois que mes collaborateurs ont su ce qu’il se passait, cela m’a rendu la vie un peu plus facile. Le fait que mes collègues comprennent enfin pourquoi je réagissais différemment, pourquoi je rentrais plus tôt à la maison ou pourquoi j’étais plus fatiguée que d’ordinaire m’a aidé. Cela s’est avéré très utile pour moi.”

 

“Au décès de mon père, j’ai lâché du lest. Mes collègues m’ont remplacée sans hésiter. Je me suis sentie beaucoup mieux. Les gens ont compris que je traversais un moment difficile. Et en plus, cela m’a permis de réaliser que je travaillais avec une équipe formidable et solidaire.”

 

“J’ai appris que ça pouvait vraiment aider de parler ouvertement de sa vie personnelle. Les gens remarquent souvent quand quelque chose ne va pas. Et surtout, ils s’inquiètent. Lorsque quelque chose se produit en dehors du travail, c’est tout à fait normal de le partager et de se montrer vulnérable avec son équipe.”

 

Comment gérez-vous tout cela en ce moment?

 

“J’essaie de prendre les choses au jour le jour. J’ai appris que c’était  important de reconnaître quand c’est un bon jour et quand ça ne l’est pas, et surtout de l’accepter. Même lorsque vous avez beaucoup de choses à gérer.”

 

“Si vous n’êtes pas au top, mieux vaut vous arrêter un moment. Allez vous promener ou faites quelque chose que vous aimez. Faites une pause dans votre travail pendant un certain temps et reprenez-le quand vous vous sentirez mieux. Votre productivité sera bien meilleure si vous êtes dans le bon état d’esprit.

 

 

Quels sont les principaux enseignements que vous tirez de cette expérience?

 

“Je retiens surtout qu’il faut être ouvert et honnête, et accepter d’être vulnérable. Non seulement c’est ok, mais c’est important de partager ce qui vous préoccupe. Si vous ne vous ouvrez pas, vous aurez du mal à obtenir le soutien dont vous pourriez avoir besoin.”

 

Qu’espérez-vous transmettre à travers cette interview?

 

“Que c’est normal de ne pas aller bien. Nous avons tous une vie en dehors du travail. Il est logique que les deux se rencontrent et s’entrelacent. Quelle que soit votre situation, elle ne disparaît pas par magie au moment où vous passez la porte du bureau. Faites preuve d’ouverture à ce sujet. Cela aide les gens à comprendre ce que vous vivez et comment vous vous sentez. Ce n’est pas un signe de faiblesse, mais de force.”

 

 

Comment encouragez-vous les autres à s’ouvrir?

 

“Chez Mollie, nous essayons de fournir autant de soutien que possible. Tous nos employés ont accès à OpenUp. J’incite tous ceux qui ont besoin d’une aide supplémentaire à réserver une première séance de consultation avec un psychologue. On propose aussi ThrivePass avec une variété d’options qui favorisent le bien-être : massages, cures de jus, thérapies sensorielles… Le choix est large. C’est important que nos salariés sachent que plusieurs ressources sont à leur disposition en cas de nécessité.

“J’espère qu’en racontant mon expérience personnelle, je donnerai envie à certaines personnes de s’ouvrir. C’est important de partager nos vulnérabilités les uns avec les autres. Cela nous permet d’apprendre les uns des autres, et d’avoir des conversations vraiment précieuses. J’encourage tout le monde à parler de sa santé mentale. C’est la première étape pour briser la stigmatisation et se soutenir mutuellement.”

 

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